
VIE LITURGIQUE
Guide pratique du chrétien orthodoxe
Voici quelques extraits du nouveau livret destiné aux fidèles ainsi qu’aux nouveaux paroissiens de la Crypte, édité en 2016. Ce livret a été conçu afin d’aider chacun à mieux découvrir, comprendre et vivre la pratique de l’Église orthodoxe au quotidien, à travers des explications simples, accessibles et enracinées dans la tradition de l’Église.
I. L'ÉGLISE - ESPACE SANCTIFIÉ
Les édifices construits et consacrés pour nos assemblées liturgiques sont le symbole de la demeure de Dieu parmi les hommes. Certes, Dieu n'a pas besoin de maisons terrestres, Lui qui est partout présent et pour qui la terre et les cieux sont le temple de sa présence. Mais dès le judaïsme biblique, Dieu a voulu inculquer à son peuple le sens de sa présence en consacrant des lieux et des édifices réservés au culte, à la prière, devenus ainsi des lieux et des espaces sanctifiés : l'arche de l'Alliance, le temple de Jérusalem. Pourtant le Seigneur rappelle que Dieu n'habite pas dans des demeures faites de main d'homme et que son corps est le véritable temple de la divinité (Jn 2, 19-21 ; 1 Cor. 3, 16-17 ; 2 Cor. 6, 16).
À son tour, chaque chrétien est le temple de l'Esprit saint, appelé à devenir pierre vivante de l'édifice saint, de l'Église. Mais la présence de Dieu sanctifie l'édifice, et le lieu de rassemblement des chrétiens devient lui-même lieu saint et espace consacré, réservé pour la prière et la célébration du culte. Il y a ainsi une analogie et une relation profonde entre le temple, lieu du culte ecclésial et le corps humain, lieu du culte intérieur : tous deux sont orientés vers le centre, le coeur, le sanctuaire, le lieu par excellence de la présence de Dieu. Le temple est orienté vers l'est, c'est-à-dire vers le soleil levant, symbole du Christ, soleil divin sans déclin. Cet espace est délimité par les murs, et l'on y pénètre par les portes situées à l'occident. Franchir les portes de l'église, c'est déjà pénétrer dans l'enceinte sanctifiée, dans un lieu mis à part et réservé pour la prière et le culte.
Dans cet espace sanctifié qu'est l'église, nous sommes en situation d'attente de l'avènement du Seigneur, de réception de sa parole divine et témoins de sa présence parmi nous. Notre attitude et notre comportement extérieurs sont l'expression de notre attitude intérieure. Quelle attitude avoir devant le Seigneur ? Une position négligée ou irrespectueuse (par exemple, les mains dans les poches ou derrière le dos, les jambes croisées lorsque nous sommes assis, ou les mains gantées dans l'église), une agitation intempestive, des bavardages pendant les offices, tout ce qui peut troubler le recueillement communautaire constitue non seulement une gêne pour les autres, mais sont aussi un manque de respect et même une offense envers le Seigneur.
Les enfants sont dans l'Église pleinement membres du Corps du Christ. Cependant, il est souhaitable de ne pas les surcharger en les amenant à tous les offices, tout simplement parce que leurs parents désirent y assister. Il n'est pas convenable qu'ils troublent l'office par des cris ou une agitation continuelle. Les parents doivent veiller à les éduquer, à leur donner le sens du caractère sanctifié de l'église, car dès leur plus jeune âge ils y sont sensibles. Si nécessaire, les parents peuvent les éloigner temporairement dans la cour de l'église. Il serait souhaitable qu'ils soient présents du Symbole de foi jusqu'à la communion, sinon l'eucharistie risque de perdre tout sens pour eux.
II. LE SIGNE DE CROIX
Lorsque nous entrons dans l'église, sitôt franchie la porte d'entrée de la maison de Dieu, par respect pour ce lieu saint, il est de coutume de faire lentement et à trois reprises, le signe de la croix en se tournant vers l'autel qui représente le trône de Dieu. Avant de sortir de l'église, au moment où nous quittons la maison de Dieu, on se retourne vers l’autel et l’on fait également le signe de la croix.
Le signe de la croix est l'un des plus anciens symboles chrétiens. Dans le culte orthodoxe, l'on fait le signe de la croix à des moments bien précis de l'office et selon le sentiment personnel dans la prière.
Lorsque l'on se signe, les paroles qui viennent tout naturellement accompagner le signe de la croix sont : « Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen ». On peut aussi joindre à ce geste une courte prière mentale, que ce soit « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur », ou toute autre prière de notre choix. Il est bon ensuite d'aller s'incliner, en se signant, devant l'icône de la fête, qui peut se trouver exposée au milieu de l'église, devant celle du Seigneur et devant celle de la Mère de Dieu. On se signe également chaque fois que l'on passe devant les portes saintes, c'est-à-dire, de fait, devant la table de l'autel, symbole même du trône du Christ. 3
La position des doigts lorsque nous faisons le signe de la croix exprime notre foi en la Sainte Trinité : il se fait de la main droite avec trois doigts réunis (pouce, index et majeur), les deux autres doigts (annulaire et auriculaire) étant repliés sur la paume. On porte les trois doigts successivement au front, à la poitrine, à l'épaule droite et enfin à l'épaule gauche. Ce geste doit être fait avec ferveur, sans hâte, dans la pleine conscience que le rappel de la Croix sur notre corps signifie à la fois notre destinée et notre salut.
Comme l'écrit Paul Evdokimov : « Quand un fidèle se signe, [...] il imprime la figure de la Croix sur son être, s'y identifie et par cette figure de l'amour crucifié [...] image de l'Amour trinitaire, il devient son icône, transcription vivante du Mystère divin rendu présent en lui ».
À quels moments se signe-t-on pendant les offices ? Le fidèle orthodoxe se signe souvent, au rythme de la prière ecclésiale et de sa prière intérieure. Il se signe, debout, puis il s'incline légèrement. Il le fait à chaque invocation trinitaire, au début et à la fin de la lecture de l'Évangile et de toutes les prières.
Nous ne faisons pas le signe de la croix quand le prêtre, sur l'ambon, bénit les fidèles - puisque c'est lui qui fait sur nous le signe de la croix -, ni lorsque lui ou le diacre procède à l'encensement. Ni lorsque le prêtre bénit le servant qui tient le cierge au bas de l’ambon, seul le servant s’incline.
III. LES ATTITUDES DE PRIÈRE
On reste généralement debout durant les offices : c'est l'attitude de vigilance et d'attente de la venue du Seigneur. Il devrait en être ainsi tous les dimanches de l'année qui sont considérés comme notre Pâque hebdomadaire.4 Cette règle s'appliquait strictement autrefois (quand les fidèles allaient à l’église tous les jours)5 et est toujours suivie de Noël à la Théophanie (à l’exception de la veille de cette fête), de Pâques jusqu’aux vêpres de la Pentecôte, périodes pendant lesquelles on ne s’agenouille ni ne se prosterne, pour signifier par là que la joie de l'espérance de la Résurrection prime sur l'attitude de repentance.
L'homme, dans tout l'Ancien et le Nouveau Testament prie debout ou prosterné. De même nous aussi, nous restons debout au cours des offices, debout pour la lecture de l’hexapsalme6, pour la lecture de l’épître (seul le prêtre s’assied à ce moment-là) et la lecture de l’évangile. A d’autres moments, et en particulier en carême, on s’agenouille ou on se prosterne. Enfin, pendant les lectures de l’Ancien Testament ou la lecture des cathismes7 on peut s’asseoir.
« Inclinons la tête devant le Seigneur. » À différentes reprises nous sommes invités à incliner la tête durant les offices. C'est ainsi qu'il convient d'écouter la lecture de l'évangile, debout, la tête inclinée ; de même aussi lorsque le prêtre ou le diacre invite l'assemblée à incliner la tête pour se recueillir quand le prêtre demande au Seigneur « Toi-même, Maître, abaisse ton regard du haut du ciel sur ceux qui ont la tête inclinée non devant la chair et le sang, mais devant Toi... ». Gardons donc la tête inclinée tant que le prêtre n'a pas fini la prière, de même aussi lorsqu'il proclame : « Paix à tous ! » ou lors des encensements. Ajoutons aussi que lorsque le prêtre se tourne vers les fidèles en s'inclinant lorsqu'il ouvre les portes saintes, et surtout durant l'hymne des Chérubins quand il dit : « Pardonnez-moi, frères et soeurs »; c'est un geste de repentance et d'humilité qu'il fait là, et nous devons y répondre par le même geste, témoignant ainsi de notre propre sentiment d'amour et de repentance.
On fait une prosternation (sauf le dimanche, ou l’on ne fait qu’une petite métanie8) au moment où le prêtre présente le calice pour la communion. Ceux qui n'ont pas communié se prosternent également (sauf le dimanche, ou l’on ne fait qu’une petite métanie) au moment où le prêtre emporte le calice avec les saints Dons de l'autel vers la table de préparation en bénissant les fidèles avec le calice (ceux qui ont communié ne font que s'incliner).
Notons encore que l'on peut se prosterner lorsque l'on vient vénérer l'icône ou l'évangéliaire.
Pendant le temps de carême, on fait des prosternations à divers moments :
a) durant la liturgie des saints Dons Présanctifiés :
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lorsque le prêtre bénit avec le cierge en disant : « La lumière du Christ illumine tous les hommes » ;
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pendant le chant solennel « Que ma prière s'élève comme l'encens devant Toi » ;
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à la Grande Entrée, car le Seigneur est présent dans les Saints Dons.
b) à la fin des vêpres de carême pendant le chant des tropaires9 « Vierge Mère de Dieu… »
c) le dimanche de la sainte Croix (3ème dimanche de Carême) et toute la semaine qui suit, de même le 14 septembre (fête de l'Exaltation de la sainte Croix) et toute la semaine qui suit, lorsque le choeur ou le prêtre chante : « Devant ta Croix... ».
d) chaque fois qu'est dite la prière de saint Ephrem (triple prosternation), suivie de 12 métanies accompagnées de la prière « Ô Dieu, purifie-moi, pécheur » et achevée par une prosternation.
e) le Grand Vendredi devant la croix et le Grand Samedi devant l’épitaphios10. Devant la croix, comme devant l’épitaphios, on se prosterne à deux reprises, puis on embrasse la croix (ou l’épitaphios) et enfin on se prosterne une troisième fois. On peut faire de même devant une icône, celle de la fête, par exemple.
Notons enfin les prières de génuflexion aux vêpres de la Pentecôte, qui mettent fin à la période des cinquante jours après Pâques pendant laquelle on ne se met pas à genoux et l'on ne se prosterne pas.
IV. L'ICÔNE : OBJET DE VÉNÉRATION
Lorsque nous entrons dans l'église, dès le seuil franchi, nous sommes invités à « déposer tous les soucis de cette vie », après avoir fait le signe de la croix et avant toute autre action nous allons vénérer les icônes. Les icônes nous entourent, nous sommes accueillis par des visages nimbés de lumière, par toute une famille spirituelle qui nous accompagne et nous guide vers l'Unique nécessaire. Tout dans l’icône est transfiguré ; formes et couleurs nous montrent non seulement la sainteté des personnes représentées, mais par ses fonds dorés et lumineux, les montagnes et les fleuves, les animaux et la nature nous dévoilent l’homme et le cosmos réconciliés avec leur Créateur.
L’icône est ainsi l’expression artistique par excellence et propre aux chrétiens, parce qu’elle montre ce que nous croyons, devenant une théologie en formes et couleurs : « ce que l’Evangile nous dit avec des mots, l’icône nous le montre », et ce que l’Eglise vit et attend, c’est-à-dire le rétablissement de l’intime communion entre l’homme et son Créateur, l’icône nous le rend présent. C’est pour cela qu’avec foi et amour nous nous approchons des saintes images, nous les embrassons avec respect et nous vénérons, non pas l’objet (matière) mais le Créateur de la matière, celui qui s’est fait chair, celui que nous avons vu et qui a été parmi nous, le Christ notre Seigneur, vraie image du Père. Nous nous inclinons devant l'icône du Christ, notre Sauveur, de la Mère de Dieu par qui le salut nous est donné et des saints, avec amour et respect et nous les embrassons. Par ce geste nous signifions notre désir d'appartenance au Royaume présent et à venir. En vénérant l'Evangile, la croix et les icônes, nous confessons notre foi et sommes tous liés et réunis par l'Esprit saint dans une même communion, les élus du Royaume et nous les vivants, qui aspirons à la véritable vie, à la paix du Christ, le « seul bon et ami des hommes ».
Tout fidèle, en contemplant les icônes, voit ses compagnons aînés, apôtres, martyrs, patriarches, saints, comme des êtres bien présents ; c'est avec eux tous qu'il participe aux Mystères ; coliturge des anges, il chante : « Dans tes saintes icônes, nous contemplons les demeures célestes et nous exultons d'une joie très pure... ».11
Il est important de rappeler la place des reliques des saints dans la piété de l'Église orthodoxe. Depuis ses débuts, l'Église a pris soin de recueillir les restes des corps des martyrs et des saints et de les vénérer. L'Église a conscience que même après leur mort, les corps des saints conservent la marque de la grâce du Saint-Esprit qui les a pénétrés de leur vivant. C'est pourquoi l'Église offre ces reliques à la vénération du peuple de Dieu.
La vénération des icônes ainsi que des reliques appelle d'ailleurs une remarque pratique, mais qui a son importance. Les icônes peintes, et non protégées par du verre, sont fragiles et vulnérables au contact de différents agents, en particulier chimiques. Les composants de certains rouges à lèvres, ou de certaines crèmes, peuvent non seulement tacher, mais aussi attaquer la peinture. C'est pourquoi il est recommandé aux fidèles de faire très attention et d'éviter tout ce qui pourrait, en vénérant l'icône, la salir ou la détériorer. Penser à essuyer la bouche des petits enfants, ne pas mettre de rouge à lèvres, sont de sages précautions.
V. LA MÉMOIRE DES DÉFUNTS
Dans l'Église orthodoxe de tradition russe, il est d'usage de réserver une petite table porte-cierges - avec un crucifix -, sur laquelle les fidèles allument des cierges lorsqu'ils désirent prier plus particulièrement pour leurs défunts.
De même que nous honorons le Seigneur, sa Très-pure Mère et les saints en faisant brûler des cierges devant leurs icônes, de même nous honorons la mémoire de nos défunts et nous prions pour eux en allumant des cierges devant la croix au calvaire, avec la Mère de Dieu et saint Jean, remettant ainsi à la « mémoire éternelle » du Seigneur tous ceux que nous portons dans nos coeurs.
Lors des offices liturgiques pour les défunts (pannykhides), le prêtre célèbre l'office devant cette table, les fidèles présents tiennent à la main un cierge allumé par le prêtre et se transmettent la flamme.
VI. LES CIERGES
Depuis la haute antiquité chrétienne, les cierges sont largement utilisés dans les célébrations liturgiques. On les allume devant les icônes pour signifier la vénération envers les personnes qui y sont représentées.
Pendant certains offices liturgiques les fidèles tiennent un cierge à la main notamment durant :
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les baptêmes ;
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le sacrement de l’onction des malades ;
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la bénédiction des rameaux ;
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la lecture des 12 Évangiles aux matines du Grand Vendredi ;
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le chant des stances aux matines du Grand Samedi ;
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la vigile pascale ;
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l'office des funérailles et la prière pour les défunts, (pannykhide) ;
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l'office de la bénédiction des eaux.
Les époux tiennent un cierge pendant la célébration de leur mariage.
VII. LA BÉNÉDICTION DU PRÊTRE
Lorsqu'un fidèle rencontre un prêtre, il peut lui demander la bénédiction ou le saluer comme toute autre personne (lorsqu'on rencontre un évêque, on lui demande toujours la bénédiction). S'il demande la bénédiction, il présente la main droite posée dans la main gauche (paumes vers le haut). Lorsque le prêtre donne sa bénédiction et pose sa main sur les deux mains jointes, celui qui a reçu la bénédiction embrasse la main du prêtre. (Notons qu'on ne demandera pas la bénédiction du prêtre lorsqu'on a reçu la communion et on ne lui embrassera pas la main lorsqu'il donne à embrasser la Croix. Tout comme on ne demande pas la bénédiction d'un prêtre en présence d'un évêque, mais uniquement à ce dernier).
Durant l'office divin la bénédiction se donne à distance lorsque le prêtre prononce les paroles de paix « Paix à tous » ou de bénédiction trinitaire.
Cette bénédiction se donne aussi lorsque les fidèles vénèrent l'évangéliaire ou l'icône de la fête pendant l'office des vigiles, puis reçoivent du prêtre soit la bénédiction, soit l'onction d'huile sainte.
La bénédiction peut se faire aussi avec la Croix ou avec l'Évangile. Dans tous les cas l'on s'incline, mais sans faire le signe de croix.
IIX. LES ENCENSEMENTS
L'Église considère le sacrifice du Christ sur la Croix comme unique, abolissant tous les autres sacrifices. L'Église n'a pas hérité des rites sacrificiels anciens, à l'exception de l'encensement. Ainsi nous pouvons dire que l'encensement trouve sa signification en relation avec le sacrifice eucharistique, comme l'exprime la prière de bénédiction de l'encens : « Nous T'offrons l'encens, Christ notre Dieu, comme un parfum d'agréable odeur spirituelle; l'ayant reçu à ton autel céleste, envoie-nous, en retour, la grâce de ton très Saint-Esprit ».
Un second point à noter est l'idée du parfum, de la bonne odeur du Christ. C'est une des images sensibles de la grâce divine, une forme de la beauté, de la bonté divine, qui agit bien au-delà de l'intellect : « Grâces soient à Dieu qui, dans le Christ, nous emmène sans cesse dans son triomphe et qui, par nous, répand en tous lieux le parfum de sa connaissance. Car nous sommes bien pour Dieu, la bonne odeur du Christ ».12
Ainsi, lorsque le prêtre ou le diacre encense, non seulement l'autel, l'église, les icônes, mais aussi les fidèles - icônes vivantes, portant l'image de Dieu qui est en tout homme - cet encensement symbolise l'offrande de l'Église entière, le sacrifice de notre vie entière. Nous le recevons, debout, en même temps que les icônes qui nous entourent, en nous inclinant, sans nous déplacer, et en restant face à l’autel ; seul le diacre ou le prêtre se déplace.
IX. LES OFFRANDES
C'est durant le chant de l'hymne des Chérubins, à la Grande Entrée, que dans une procession solennelle, seront transportés les saints Dons (le pain et le vin) depuis la table de préparation vers l'autel.
À l'origine, tous les fidèles participaient à la collecte des dons en apportant non seulement le pain et le vin, mais l'huile, de la nourriture et des dons en espèces qui étaient ensuite distribués selon les besoins de la communauté.
Aujourd'hui, ces dons sont faits à des moments divers :
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Le pain. C'est par l'achat des prosphores13 que nous participons au don du pain. Les prosphores sont faites avec une pâte levée et se présentent sous une forme ronde particulière. Le prêtre découpera une parcelle sur chacune des prosphores et la déposera sur la patène autour de l'Agneau14 tandis qu'on lit les noms de baptême des personnes commémorées (les vivants et les défunts) que nous aurons inscrits sur les listes appelées « diptyques ». Ce don des prosphores par les fidèles, ce mouvement vers l'autel, correspond à notre propre entrée dans le sacrifice du Christ.
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Le vin. Le vin que nous apportons servira aussi bien pour la communion qu'après la communion.
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L'huile. Celle-ci servira pour alimenter les veilleuses qui brûlent devant les icônes et sur les porte-cierges.
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La nourriture. Nous l'apportons lors des agapes.
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Les dons en espèces. Nous les faisons en payant notre cotisation paroissiale, en répondant aux appels faits pour des causes ou des besoins divers, en participant aux quêtes, en faisant des dons (Cf. 2 Cor. 9, 6 et sq.).
Notons encore que l'on peut apporter :
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des fleurs tout au long de l'année pour décorer les icônes, les jours de fête et plus particulièrement le jour de la Pentecôte,
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du buis aux vigiles des Rameaux,
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des fruits le jour de la Transfiguration,
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du basilic pour la fête de l'Exaltation de la Croix.
Notes
3 Petits rappels : Lors de la vénération d’une icône, l’on se signe par deux fois avant de vénérer l’icône et une fois après, donc trois signes de croix en tout. D’autre part, lorsqu’une icône est exposée à la vénération des fidèles au milieu de l’église il faut veiller à ne pas passer derrière elle et lui tourner le dos en passant directement de la vénération de l’icône du Christ à celle de la Mère de Dieu. Après avoir vénéré l’icône du Christ à droite, on repasse devant l’icône de le fête avant d’aller vénérer à gauche celle de la Mère de Dieu.
4 Le texte du 20ème canon du 1er concile oecuménique de Nicée (325) : énonce ceci : "Comme quelques uns plient le genou le dimanche et aux jours du temps de la Pentecôte, le saint concile à décidé que, pour observer une règle uniforme dans tous les diocèses, tous adresseront leurs prières à Dieu en restant debout." Ceux qui voudraient approfondir la question peuvent lire le texte de l'archimandrite Grégoire Papathomas : Comment et pourquoi l'Eglise exclut l'agenouillement lorsqu'elle proclame la Résurrection et la vie du siècle à venir selon la tradition canonique, Paris 2002. Cf. le lien : http://orthodoxe.free.fr/files/Agenouillement.pdf
5 Elle s'applique encore aujourd'hui dans les monastères.
6 Ce sont les six psaumes lus au début de l’office des matines.
7 Le psautier est divisé en 20 cathismes ((du grec kathizô, s'asseoir) ou sections lus au cours des offices de vêpres et de matines et que l'on écoute assis
8 Du grec metanoia, signe de vénération exprimé par le signe de la croix avec inclination du corps (petite métanie) ou avec grande prosternation (grande métanie).
9 Du grec, tropos, mode, manière, ton : terme générique pour tout chant liturgique poétique, de structure simple à cadence rythmée.
10 Icône du Christ au tombeau que l’on vénère au milieu de l’église à la fin des vêpres du Grand Vendredi.
11 4e ode des matines du dimanche de l'Orthodoxie
12 2 Cor. 2, 14-15.
13 Prosphore signifie en grec offrande.
14 L’Agneau est le nom donné au cube que le prêtre découpe d’une prosphore et qui deviendra le pain eucharistique.
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