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Sainte Pélagie, la prostituée repentante


Sainte Pélagie vivait à Antioche, probablement dans la deuxième moitié du Ve siècle. Elle s’appelait alors Marguerite, et se livrait à la danse et aux plaisirs impurs. Prostituée la plus connue de cette grande ville, elle avait tiré de ses débauches une fortune considérable, qu’elle n’utilisait qu’à parer son corps d’atours précieux et de parfums voluptueux, pour attirer de nouvelles victimes dans ses filets. Elle avait de nombreux esclaves et serviteurs, qui l’escortaient lorsqu’elle se promenait dans la ville, assise sur son char luxueux.


Un jour, l’archevêque d’Antioche, qui avait convoqué une assemblée de quatre-vingts évêques pour régler des affaires ecclésiastiques de la région, invita l’un d’eux, saint Nonnos, évêque d’Édesse, à prêcher devant le peuple dans l’église Saint-Julien.


Comme il exhortait ses auditeurs au repentir et à l’amour de la vertu, Pélagie vint à passer devant l’assemblée avec son cortège habituel. Tandis que les évêques présents et les gens pieux détournaient les yeux, saint Nonnos regarda cette femme en pleurant et déclara à ceux qui l’entouraient : « Malheur à nous, paresseux et négligents, qui devrons rendre compte de nos actes au jour du Jugement, car nous n’avons pas mis pour plaire à Dieu, le zèle et le soin que met cette pauvre femme à orner son corps en vue d’un plaisir passager. » Et il passa le reste du jour à verser des larmes sur son propre sort, et à prier ardemment le Seigneur pour la conversion de cette créature.


La Conversion et le Saint Baptême

Le lendemain, Pélagie se trouvait dans l’assistance au moment où Nonnos commentait le saint Évangile au cours de la Divine Liturgie. Les paroles de l’évêque sur le Jugement dernier et l’éternité des peines de l’enfer pénétrèrent dans le coeur de la jeune femme comme une épée effilée et éveillèrent en elle le seul véritable amour, celui de l’Époux céleste.


De retour dans son palais, elle écrivit au saint évêque, lui demandant de ne pas la mépriser, malgré sa turpitude, s’il était vraiment disciple de celui qui est venu pour appeler non les justes mais les pécheurs à la pénitence (Mt 9,13), et elle le priait de la recevoir. Nonnos lui fit répondre que, si elle était vraiment décidée à se repentir, elle devrait se présenter à l’église, devant l’assemblée des clercs et du peuple pour confesser ses fautes.


Pélagie saisit cette occasion et se précipita vers l’église, en oubliant sa parade et son orgueil d’autrefois. Puis elle se jeta à genoux aux pieds de l’évêque et le supplia de la faire renaître à la vie divine par le saint baptême, afin que le démon et l’habitude ne la rappellent pas à sa vie de débauche.


Lors du baptême de Pélagie toute la ville d’Antioche se réjouit pour cette âme qui avait trouvé le salut. Elle fut confiée, pour un temps, à une moniale du nom de Romane, qui l’initia au combat spirituel et à la vie de repentir. Par la prière et le signe de la Croix, elle vainquit ainsi les tentations de retour à sa vie de péché, qui ne tardèrent pas à fondre sur elle.


L'Ascèse Cachée au Mont des Oliviers

Ayant distribué toutes ses richesses aux pauvres et affranchi ses esclaves, Pélagie, ainsi libérée de tout attachement au monde, changea ses vêtements féminins pour de grossiers vêtements d’homme, et elle partit en secret pratiquer l’ascèse en Palestine, sur le mont des Oliviers.


Elle resta de longues années enfermée dans une petite cellule, luttant chaque jour contre les passions qui s’étaient enracinées dans son corps, et mettant désormais tout le soin qu’elle avait déployé autrefois pour ses toilettes et ses parfums, à l’ornement de son âme pour la vie éternelle. Bien qu’elle vécût dans la solitude, la renommée de ses exploits se répandit parmi les ascètes de Palestine, lesquels croyaient qu’il s’agissait d’un homme.


Lorsque la sainte pénitente remit en paix son âme à Dieu, tous les moines de la région se réunirent pour vénérer ses saintes reliques et glorifièrent grandement le Seigneur en apprenant, d’un disciple de Nonnos, la véritable histoire de Pélagie, qui enseigne à ceux qui sont plongés dans les ténèbres du péché à ne pas désespérer, mais à s’engager avec vaillance sur la voie du repentir.


(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)

 
 

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